Axes de recherche


Les champs d’investigation des enseignants et des chercheurs rattachés à l’unité de recherche SAGES s’organisent principalement selon 4 axes :


Projet de recherche commun: GENDER BENDER


SAGES prépare actuellement un nouveau projet de recherche commun qui impliquera chaque spécificité pluri-disciplinaire et qui s'étalera sur plusieurs années. Ce projet s’articule sur l’idée de ‘Gender bender’. Ce terme, qui désigne un être qui transgresse (ou ‘plie’) activement les rôles genrés ou même une forme d’activisme contre les généralisations concernant le genre, renvoie à la transgression des normes genrées mises en place par la société et ses représentations. Il recoupe donc tout à la fois le champ des représentations littéraires et artistiques, des débats philosophiques, des perspectives historiques sur la normativité des rôles sexués (transgenre, hermaphrodites, etc.). Le colloque « M comme Mère, M comme Monstre » organisé en 2011 a en effet permis de démontrer la nécessité de se pencher sur des représentations subversives vis-à-vis, dans ce cas précis, de la maternité, mais aussi d’un point de vue plus général, vis-à-vis de toutes les représentations genrées.

A l’intérieur de cette perspective, le centre compte exploiter le domaine des «men’s studies». Celles-ci sont entre autres issues de la théorie féministe. Depuis les années 1980, le «sexe fort» a essentiellement été étudié sous l’angle du patriarcat et de la masculinité hégémonique. Les liens entre masculinité et violence, masculinité et criminalité, masculinité et guerre, masculinité et pouvoir, masculinité et sport ont été largement investigués. Ce parallélisme fort entre les angles d’approche de la masculinité et les composantes d’une masculinité traditionnelle et biologisante conduit à la principale critique faite aux jeunes études sur la masculinité : le risque de réification et de ré-essentialisation de l’objet d’étude. De plus, si les recherches ont montré le caractère multiple des masculinités, la démarche aurait pour défaut de laisser croire qu’il est possible d’aboutir à une typologie des masculinités.

Par ailleurs, le champ d’étude naît à l’université de la théorie féministe en même temps que dans la société se renforce l’idée d’une masculinité en crise, directement affectée par l’émancipation des femmes et plus particulièrement sa dernière vague visible : le féminisme des années 1970. Là aussi, le monolithisme guette : il est présent dans l’idée d’une masculinité évidente, forte et a-historique avant l’émancipation des femmes et dont l’histoire commencerait avec sa décrépitude publique en même temps qu’avec la théorisation scientifique du patriarcat.

Interpellé par une question qui semble animer la société, à savoir la crise de la masculinité proclamée dans les différents médias, SAGES a la volonté s’aligner sur l’actualité des recherches des «men’s studies», champ d’études florissant dans le monde anglo-saxon qui a déjà eu l’occasion de faire le point sur ses écueils. Le féminisme ainsi que la question de l’expression des femmes et plus particulièrement des formes d’expression qui bousculent le genre (voir journée «La recherche au féminin – de l’analyse à la création de discours alternatifs») ont été largement et profondément traités par SAGES. Fort de ses recherches sur le genre, les représentations et l’intime, le centre de recherche éviterait les stigmatisations en multipliant les angles d’approche.

En se penchant sur ce nouveau sujet d’étude, le but pourrait être de montrer la multiplicité des masculinités ainsi que la multiplicité de ses fragilisations. Il s’agirait pour cela de sortir de l’opposition entre la masculinité et la féminité d’une part, et entre une masculinité hégémonique et les «sous-masculinités» d’autre part. Il s’agirait également de dépasser l’idée d’une masculinité qui ne connaîtrait que deux types de mouvements : celui de la construction et celui de la déconstruction. Les recherches pourraient s’attacher à l’incessante (re)-négociation plus qu’à une éventuelle élaboration linéaire du masculin, aux dialogues entre les pôles féminins et masculins plutôt qu’à leur opposition, au questionnement de l’importance de ces pôles et de leur ambivalence dans notre société et à la transgression et la porosité des frontières entre masculin et féminin.

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